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quelques nouveaux sons

dans les couloirs

dans les couloirs

 
dans les couloirs         on trouve de tout         on fait sa vie
on perd l’espoir           dans les couloirs
on voit des portes       portes fermées          portes condamnées
et des fenêtres            sur fond de cour
dans les couloirs                  dans les couloirs

dans les couloirs                  y a pas d’lumiére                 naturelle
que du néon              ou des ampoules        ou d’la bougie
quand tout s’éteint      dans les couloirs
il fait si noir                   qu’on perd l’espoir
dans les couloirs                  dans les couloirs

dans les couloirs                  on peut s’asseoir                  sur des bancs noirs
durs comme la loi       et la justice        
car la justice                aime les couloirs                  aime leur pouvoir
pouvoir se perdre       perdre l’espoir
dans les couloirs                  dans les couloirs        

dans les couloirs                 y a pas de souffle       naturel
que du filtré                 des courants d’air      conditionnés
quand tout s’arrête     dans les couloirs
il fait si froid                 qu’o nperd l’espoir
dans les couloirs                  dans les couloirs        

dans les couloirs         y a des gens pâles     et des meilleurs
dans les couloirs         on t’y empâle
ou pour un non           ou pour ton nom                   on ne crie pas
et on trépasse             dans une impasse
de fond d’couloir                  de fond d’couloir

dans les couloirs                  y a pas de sortie        naturelle
que des entrées          vers d’autr’s couloirs  des escaliers
qui mènent null’ part    dans les couloirs
si tu t’y perds               pass’ à travers
y a qu’à vouloir            y a qu’à vouloir !

être qu’âne à son

grotte de cheval

Faire Durer Le Plaisir

Tu sais que tu es vieux quand
Tu dis que l’âge n’est qu’une     apparence                           un peu  rance
de l’expérience                                 de l’existence
même si  tes performances      sont en souffrance
on voit bien que tu dérives        mais tu deviens                  roi de l’esquive
et tu prétends que vieillir           est une richesse
et que tu veux te faire marchand de vain   vé ah i haine

Tu sais que tu es vieux quand
tu en veux à celle qui                  dans le bus                          s’est levé
pour te donner                               sa place et tu
t’assois face à  un vieux qui      te jette un œil
mauvais  quand tu comprends que         c’est ton reflet        dans la vitre
plus on est vieux                                        plus on est com….  plexe
aimant l’incertitude de la vie                sauf le final  en papy end

Tu sais que tu es vieux quand
tu as passé tant de temps               à apprendre                         à tisser
des tas de savoirs                                des relations
et tu t’accroches aux détails            de proche en proche
tes connaissances s’effilochent       dans ta caboche         et c’est moche
à chaqu’ anniversaire                                          bougie en plus
amis en moins pour t’aider à  souffler      pas fastoche        pas fastoche

 

J’aime bien                                                 j’aime bien
Faire durer le plaisir                             papbababababa
et rallonger la sauce                            SOS
Donner moi du rab mais pas de crab   j’suis allergique

 

Tu sais que tu es vieux quand
Ton acte de naissance                      est jugé                                    indécent
te fermant les                                       port’ après porte
l’employeur n’attend pas le          nombre d’années
pourtant, on est tous âgés            moi c’est treize à                 très  avancé
tu veux rendre l’âge que tu as             bien malgré toi
fini la course au gain de temps  tu veux    donner le tien
allez quoi, c’est cadeau !

Tu sais que tu es vieux quand
tu as honte pour les gérontophobes               qui te voient
épave  en Ehpad, moins grivois
mais plus gris  en plein’ dérive              incontinent
en mouvement lent vers                        l’immobilisme                                comm’ un’ valise   abandonnée sur le quai
attends le dé
mineur pour finir merci  le plan vie  git papyrate      git papyrate

Tu sais que tu es vieux quand
Tu dis que davantag’             d’âge est                                         avantage
comm’ le fromage qui gagne         en affinage
le sel de la vie                                 forme la croûte
qui donne ce goût                        si doux amer                       à ta bonne pâte
le fromage,  plus il est vieux,              plus il a du caractère
mais plus il coule et plus il pue, pas cool            pas cool du tout!

Refrain

Tu sais que tu es vieux quand
tu dis qu’être  vieux c’est       l’avenir                     du futur
des médecins                                 des infirmiers
tu te prends à aimer des        mecs en blouse blanche
qui te mett’nt sans un mot     des appareils                      un peu partout
sur  ton corps et dans ton cul            en particulier
Ça vaut le coup de vieux d’enfin  connaître        l’amour anal

Tu sais que tu es vieux quand
Tu croies qu’un supervieux        doit avoir                 un super
pouvoir comm’ êtr’                         plus vieux et en
soleillé à la fois ou                            figer d’effroi
ceux qui l’imagin’nt tout nu         faisant l’amour     ahh quelle horreur !
visualise moi en papy hot avec ma douce et tu vas voir ce que ça fait
en fait je fais plutôt                        le sexe vertuel
passant de l’effusion « vers elle » à l’in          fusion « verveine »

Tu sais que tu es vieux quand
tu es mort quelques fois             mais tu sens                        que tu es
jeune  encor’comm’                        à l’été de
ta vie qui devient nid                     vers…  gardes en toi
ta capacité de s’émerveiller ta     naïveté
devant l’immensité                   du monde surtout à 2 à l’heure
et cette envie d’un petit plaisir toujours       toujours intacte

Refrain

pour grimper en âge       sans être en nage
faut le tempo bien           réglé sur sa peau
« les jeunes courent vite
mais les vieux connaissent les raccourcis »

ça piaffe dans le paddock, mille sabots !

Solitaire de Verre

oui, il faut une alternative
solitaire de verre                      dans ma tour fondue                mes joies et mes peines         restent pour mon cul

une des rares chansons réalisées en-dehors de mon petit box

je l’ai enregistré au studio Goscinny, à Paris 13ième

merci à Cédric !

J’m’lève au bout d’mes rêves
Comm’un ressort bourré d’corn flakes
P’tit déj’ radio énergétique
Et Hollywood chewing Tonic

J’m’allume mon écran fibre
100 chaînes pour un seul homme
J’fais du zapping sur Pître Show
Et Hollywood chewing Soap

Solitaire de Verre
Dans ma Tour Fondue
Mes joies et mes peines
Restent pour mon cul
Restent pour mon cul 

J’ai la manie du stock
Toutes les grandes stars au bout des doigts
On est un couple parfait moi
et Hollywood chewing Love

Tout nu dans mon living
Face au miroir je danse danse
Daisy belle c’est tes watts que j’préfère
et Hollywood swing gum

Solitaire de Verre
Dans ma Tour Fondue
Mes joies et mes peines
Restent pour mon cul
Restent pour mon cul 

j’appelle Estel sur Lavibel
du convivial et du direct
keskonséclat en taxdebaz
sur Internet chewing gum

mais le plus beau, c’est mon micro
sa p’tite console me tire du blues
la vie n’est qu’un programme
et Hollywood chewing game

Solitaire de Verre
Dans ma Tour Fondue
Mes joies et mes peines
Restent pour mon cul
Restent pour mon cul 

 

 

cri de la girafe
insensible au silence de la souffrance, l’homme est une bête pour l’animal

y a des requins dans les studios
et y a des crabes dans les coulisses
il y a des singes à l’Olympia
et des juments chantant le blues

y a des vautours patrons de presse
des pigeons qui lisent les journaux
des perruches dans des magazines
jouant aux chattes pour de vieux boucs

des ânes qu’on élit députés
et des chacals en uniformes
d’énormes gorilles à l’Élysée
des perroquets à la télé

mais y a surtout une baleine à l’hôpital!

les Animaux

 

 

 

 

quelle est ta spécialité ? spécialement pour toi, je dirai aucune ah ouais, c'est en effet spécial
quelle est ta spécialité ?
spécialement pour toi, je dirai aucune
ah ouais, c’est en effet spécial

pour s’amuser se dépenser
se rencontrer sans s’déranger
communiquer ses p’tites idées
y a des services (spécialisés)

pour les trouver c’est pas sorcier
il faut ach’ter le code secret
qui donne accés instantané
au bon service (spécialisé)

spé – cia – li – sé !

Les Services Spécialisés

 

 

 

pleut mouillé
c’est quand t’arrive qu’on veut t’accompagner
et quand tu pars qu’on te laiss’ galérer
quand t’es connu qu’on veut bien te connaître
et quand t’es rien qu’on te prend pour zéro

il pleut toujours là où c’est mouillé
il pleut toujours là où c’est mouillé mouillé yeah yeah

c’est quand t’es rich’ qu’on te donne du fric
et quand t’es pauvre qu’on te suce les os

quand t’es heureux qu’on veut fair’ ton bonheur
et quand t’es seul qu’on te tourne le dos

quand tu t’en fous qu’on se pend à tes joues
quand t’es accro qu’on te montre les crocs

quand t’es armé qu’on te fiche la paix
quand t’es tout nu qu’on te crève la peau

il pleut toujours là où c’est mouillé

 

 

 

 

 

l’étalon court entre ronde de lit

entre

attention aux enfants
cette partie du site est réservée aux ânes trempés dans le formol depuis au moins 18 ans

entre le bien et le mal je choisis le rêve
entre les dieux et les hommes je choisis l’amour
entre passé et futur je choisis maintenant
entre l’avoir et l’être je choisis de faire
entre la vie et la mort je choisis ailleurs
entre la Belle et la Bête je choisis Minuit
entre boire ou conduire je choisis la marche
entre fuir ou mourir je choisis d’en rire
entre marteau et enclume je choisis la plume
entre chien et loup je choisis la lune
entre toi et moi je choisis nous deux
entre deux eaux entre deux chaises
et entre tous ceux qui savent
entre le silence entre la souffrance
et entre ceux qui se taisent
entre deux rames de ce train fantôme
où dorment mes phantasmes
entre donc, toi qui n’a rien demandé

 

 

l’Amour de Soi

arbre amoureux
un arbre peut se trouver beau quand il a la chance d’avoir un miroir à sa taille

Debout sur ma capsule
Direction l’infini
Je lance ce cri
A tous les dieux réunis
Si je ne m’aime pas  si je ne m’aime pas wawa
Qui donc m’aimera ?

Tout nu sur ma planète
J’fais l’inventaire des mes membres
Les gros je les embrasse
Et l’viril je l’embrase (waou ça brûle !)
Si je ne les aime pas  si je ne les aime pas wawa
Qui donc les aimera ?

Sur l’Art je me cultive
Y a tant d’belles choses là dedans
Pourtant ce que je préfère
Ce sont les fruits made in moi-même
Si je ne les aime pas  si je ne les aime pas wawa
Qui donc les aimera ?

On m’dit c’est égoïste
De chanter « l’Amour de Soi » (c’est le titre de cette chanson !)
Moi j’crois que s’aimer
Ça doit être contagieux (sortez couvert, les gens !)
Si on ne s’aime pas  si on ne s’aime pas wawa
Qui donc aimera-t-on ?

Heureux d’un rien (la simplicité)

prendre son pied chanter à nu-pied
prendre son pied avec sa bouche (essayer de)

heureux  d’un rien
je suis heureux
heureux d’un rien

heureux de  chanter à  tue-tête                                                    je prends mon pied avec ma bouche
je prends mon pied avec ma bouche
je prends mon pied avec ma bouche
rechercher la simplicité
rechercher la complicité
la complicité d’un sein
la simplicité d’un con
prés de toi                  je suis prêt                 prêt à tout          tout donner
prés de toi                  je suis prêt                 prêt à tout          tout donner    tout donner

cela ne veut pas dire que je ne m’intéresse pas aux autres
non non non
car quand je suis heureux
je n’ai pas envie de démolir mon voisin
sous prétexte qu’il habite à côté de moi
et que sa gueule ressemble trop pas assez à la mienne d’être humain
d’être humain             d’être humain             d’être humain

heureux  d’un rien              je suis heureux  heureux d’un rien
heureux de                             chanter à  tue-tête                                                        je prends mon pied avec ma bouche
je prends mon pied avec ma bouche
je prends mon pied avec ma bouche

le paradis c’est la simplicité    si t’es le pli d’un sein

être heureux c’est pas rien même si c’est tant mieux d’être heureux de trois rien
être heureux c’est s’rapp’ler les bons jours et aussi oublier les mauvais
être heureux seul à deux même à cent c’est possible si tu veux tu veux bien allez viens

prés de toi                  je suis prêt                 prêt à tout          tout donner
prés de toi                  je suis prêt                 prêt à tout          tout donner    tout donner

ce qui nous sépare, c’est ce qui nous lie
et ce qui nous relie, c’est ce qui nous sépare
à chaque porte ce sont cent issues
qui tissent ta toile de vie
alors mets plus de tendresse                dans ton sexe
et plus de sexe                                               dans ta vie
mets plus de vie                                            dans ton cœur
et plus de cœur                                             dans tes yeux
dans tes yeux                                                (dans ton cul)

heureux  d’un rien              je suis heureux  heureux d’un rien
heureux de                             chanter à  tue-tête                                                        je prends mon pied avec ma bouche
je prends ton pied avec ma bouche
je prends mon pied avec ta bouche… oups

version dictaphone avec une bonne énergie

 

 

 

 

 

interdiction de miction
tonneau percé qui à jamais fuit et toute loi n’est que méchant bruit

je suis un homme aussi con que tendre
et tu sais par quel bout me prendre
pour me garder prés de toi
femme, je suis soumis à tes doigts

face à l’immense univers
je dresse mon drôle de travers
un désir que l’on dit inassouvi
tonneau percé qui à jamais fuit

femme, mon plaisir est si simple
face au complexe de ton temple
je l’observe, appuyé à ma verge
peut-être un jour comprendrai-je !

Par quel bout me prendre

 

 

 

abricot fesses
Dans ce monde où le sexe est partout
Sauf chez nous la frustration
amène la manifestation d’une fruste action

chacun sa souffrance
chacun sa violence
chacun ses phantasmes
moi je ne sais pas les tiens quand le matin
tu refuses de bouger et que tu serres très fort
ton coussin avec tes reins

moi je sais que le mien
c’est tout simplement de faire l’amour avec toi
mais tu le ressens trop comme un job pour toi
et pour moi une envie hygiénique
nique hygiénique pas romantique
ni queue ni tête cette histoire ni queue ni cœur

c’est la chronique cruelle
du mec accro à nique tout seul
du mec devant des œuvres hard
images pas sages de passages inouïs
à donner le vertige à ma verge
alors Ji Aime Bi  alors Ji Aime Bi

pourquoi je suis content
Ji Aime Bi souvent
pourquoi je me sens bien
Ji Aime Bi dans l’bain
un petit chagrin Ji Aime Bi le matin
manque d’appétit ? Ji Aime Bi l’midi
plus d’espoir ? Ji Aime Bi le soir
et si je m’ennuie Ji Aime Bi la nuit !

Ji Aime Bi

 

 

 

cul statue
elle avait un cul à t’faire pâlir le tien de jalousie

une chanson de jeunesse
(le LUI en question est l’originel)
qui colle aux doigts
et que j’ai dû chanter
une ou deux fois en public
la photo a été prise sur les bords de Seine
et la Dame a de la Vénus de Prosper Mérimée

l’Onaniaque

 

 

ce hennissement songe aux manèges d’antan

affiches couloirs escaliers
j’aime les affiches en losange des couloirs en escalier du métropolitain

dans les couloirs
on trouve de tout
on fait sa vie
on perd l’espoir
dans les couloirs
on voit des portes
portes fermées
portes condamnées
et des fenêtres
sur fond de cour
dans les couloirs
dans les couloirs

 

 

et le jambon cria dans la baguett’
« avoir faim, c’est savoir qu’on a faim! »
Dick dit « Tranch’ ta tronch’! », le jambon répliqua:
« On a l’air con quand on a le soleil en face »

surpris, Dick déclara à la poubelle
privé de tout, je manque de rien
en démerdocratie, y’a qu’un slogan
Autant frapper la pluie il pleut toujours où c’est mouillé!

et Dick lança des chiottes TV à programmes laxatifs
pour prendre le monopole du papier-cul double épaisseur
avec l’argent gagné, il fabriqua des faits-divers
du genre « massacre du Désir au cim’tière du Plaisir »

dick et nick
sur les barreaux du ciel, y a écrit « Pas facil’ de bander dans les vêt’ments modernes »

Dick Tioner et Nick Talope
sont 2 héros positifs

et moi je pleure pour les idiots en posant pour le Photographe Aveugle!

et Nick ne croyait pas en Dieu et Lui non plus d’ailleurs…

… je te laisse écouter la suite de cette dérive textuelle

Dick Tioner et Nick Talope en balade

 

 

 

monde à toi
le monde est à toi pour toute une journée

imagine p’tit père          un jour tu te lèves
et sur ta moquette       y a un télégramme
aujourd’hui coco            le monde est à toi
fais-en c’que tu veux    pour toute une journée

t’as pas l’air d’pigé              tu sais pas p’tit père
on y passe tous                    à c’te putain d’jeu
c’est d’ailleurs pour ça     qu’l’monde va si mal
et qu’y a plus d’moral       dans le cœur des gens

le Télégramme

 

 

spirale égautiste
les rich’s marchands du Temps ont voté la loi qui dit « Tous les égos sont pas égaux! »

moi j’perds mes mains dans l’ simulacre mais c’est pas grav’ j’prendrai les tiennes
je veux être quelqu’un quelqu’un de bien et c’est pourquoi j’suis plus moi-même
c’est pas que beau la Parodie Terrestre!

Y a pas de refrain dans la vie
y a pas y a pas y a pas
mais fais gaffe à Kafka

Fais gaffe à Kafka

 

 

 

je marche dans la rue -immobile-
la foule est là pressée et -immobile-
le vent caresse les filles -immobile-

et je te cherche et je m’essouffle -immobile-
et moi je cours où tu n’es pas -immobile-immobile-

la rue de l’autr’ côté et la voitur’ qui fonce -immobile-
deux hommes se batt’nt les mains nouées de haine
-immobile-immobile-

je monte un escalier -immobile-
un coupl’ fait l’amour -immobile-
un pigeon plonge dans le ciel -immobile-

pigeon immobile
tu sembles clouer au ciel, mon bel oiseau

-immobile-immobile-

 

 

gens qui marchent
pas de côté
et suivre son ombre

tous les gens qui marchent dans la rue
avec le même tempo la même allure
ont le même air au rythme d’enfer
on dirait des guerriers pathétiques
1 2 3 Droit devant!
10 20 100 sans dévier!
on dirait des mercenaires tragiques
il y a de tout des jeunes des vieux des jaunes des bleus des éclopés qui suiv’nt le rythme comm’ tous les autres
et ça leur donne le swing en plus

quand même quand même certains remontent le courant
sans se presser
quand même quand même certains font un pas de côté
pour regarder

Les gens qui marchent

 

 

l’entretien idéal avec ISA : Cheval tout vous dire

Comment vas-tu ?

En général, j’y vais le matin et je reste un gros quart d’heure à lire des trucs assez intello, d’aucuns diraient bien chiants

Quels sont tes objets magiques ?

Je n’ai pas beaucoup changé dans mes goûts, mes intérêts. J’ai toujours été fasciné par les aimants. Cette force invisible qui attire des objets, permet de les maintenir liés sans que cela soit définitif comme l’horrible colle ou les démoniaques clous ou vis. J’aime les aimants. Mais ils me font peur maintenant. J’ai peur qu’ils effacent mes données. J’ai même peur qu’ils effacent mes pensées. Les ballons font partie aussi de ces objets simples mais merveilleux. Légères, inconsistantes, ces bulles de couleur franche me sont agréables à voir et permettent de s’amuser à les envoyer valdinguer sans crainte de casser quoi que ce soit. J’ai inventé un sport, le ralentinnis avec pour raquette un éventail japonais et pour balle un ballon peu gonflé. J’y joue dans mon couloir, seul ou avec mon petit-fils. Les ballons se chargent d’électricité statique et restent accrochés aux murs. J’imagine des compétitions à l’extérieur par jour de grand vent ! Le miroir est aussi un objet magique. Vers 12 ans, alors qu’on vivait à 6 dans un 3 pièces, j’adorais marcher dans l’appartement en tenant devant moi un miroir. J’avais l’impression de marcher au plafond. Le plus amusant était de franchir les portes car il y avait au moins 30 centimètres de mur et je levais bien haut la jambe. C’était un miroir de voyage, pliable et à 3 faces. En mettant ma tête au milieu du triangle, je me retrouvais multiplié à l’infini. C’est une question que je me suis réellement posé vers l’âge de 15 ans : si la terre n’était peuplée que de millions de moi-même, est-ce que cela irait mieux ? A l’époque, j’étais sûr que oui. J’ai maintenant des réserves où je me contente de vivre avec mes doubles.

Quelle est ton histoire ?

Je viens d’une famille de haut rang, la ville aussi. Je suis issu d’une ultra-minorité : ma mère qui est unique comme tout le monde et surtout comme toutes les mères. La mienne était assez collante, adhérent à tout ce que je faisais. Je suis né dans une ferme qui n’avait pas beaucoup d’animaux mais d’énormes moissonneuses-batteuses dont l’odeur d’huile me colle encore à la mémoire. Mon père était d’ailleurs vendeur d’huile professionnelle. Un vrai commercial, c’est-à-dire, un voleur sympathique. Il achetait de l’huile de moteur à de grandes compagnies, la mettait dans ses propres bidons de 50 litres, siglés au pochoir de sa marque, la JBM 61, et il la revendait plus chère aux propriétaires terriens du coin, réussissant à leur faire croire qu’elle était de meilleure qualité. Jamais je ne pourrais faire une chose pareille ! On a dû quitter le pays où je suis né alors que je venais d’avoir à mon huitième anniversaire une grue en jouet qui était aussi grande que moi et aussi jaune que le sable brûlant des plages alentour. Le départ a été précipité. Il fallait faire vite, mon père avait réussi à nous trouver des places dans un grand bateau pour Marseille, et, entre la valise ou le cercueil, il avait choisi la valise bien que plus petite. Eh oui, ma grue ne rentrait pas dedans. J’ai juste pu ramener comme jouet un petit cygne blanc en plastique et quelques bandes dessinées de Tom et Jerry que j’ai lu pendant le voyage. A son arrivée en France, mon père a trouvé un boulot de vendeur de grues, des vrais, qui font 50 mètres de haut. Le plus rigolo, c’est que mon petit-fils de 2 ans aime bien les grues. Si Dieu existe, peut-être qu’il est grutier ? Je ne pourrais pas faire comme Dieu, j’ai trop le vertige. Passer ma vie sur un nuage, impossible !

Tu t’appelles vraiment Cheval ?

En venant au monde, on m’a de suite collé sur le front une grosse étiquette avec dessus un nom et un prénom. Dès que j’ai voulu m’exprimer en tant qu’artiste, j’ai cherché un nom qui représente ce que je suis et non pas d’où mon ADN provient. Le grand poète portugais (que ma gentille petite coiffeuse portugaise ne connait pas et ça m’a vraiment déçu, quasi choqué) Fernando Pessoa avait des dizaines de noms de plume, selon ce qu’il écrivait. Ça m’amuse de faire comme Adam (dont le charme est d’être à poil, ne l’oublions jamais) qui a eu la rude tâche de nommer tous les animaux. Je ne sais pas s’il a hésité avant d’arriver au truculent hippopotame ou à l’énergique paon mais moi, j’ai changé plusieurs fois de noms. J’ai encore du mal à assumer celui-ci parce qu’il y a ce terme « chanteur » qui me renvoie à mes difficultés techniques et à ma pauvre culture musicale. Ce bon vieux cheval m’animalise et ça me va.

Alors pourquoi avoir choisi le Chanteur Cheval ?

Parce que mon signe astrologique chinois est le cheval, et en fouillant un peu, un cheval type percheron et que cela m’a fait plaisir quand je l’ai appris. Je n’ai rien d’un pur-sang. Je me sens proche de ces lourds chevaux de labour, j’aime aller doucement et tracer mon sillon même si c’est un microsillon. Parce que j’ai été ému en visitant le palais idéal du facteur Cheval. Cette façon d’amasser caillou sur caillou et de bâtir son rêve, tout seul dans son coin, ça me parle. Parce que les chevaux m’ont toujours impressionné et bien que je n’aime pas monter sur un des leurs, trop haut pour un bigleux comme moi, je trouve que la relation entretenue entre l’humain et le cheval est l’une des plus belles qui soient. Je pourrai dire aussi que le cheval dort debout et que j’aime bien les histoires à dormir debout, justement.

Tu aurais pu t’appeler « Equus »?

Mais bien sûr, un nom latin, c’est tendance. Ceci dit, le cheval a un lien fort avec le cul. Il marche en nous montrant ses fesses. Il chie en marchant, ça me fascine. Mon prof de guitare me disait que je chantais comme si je chiais. Donc, le Chanteur Cheval chie en chantant. Je fais de la chie musicale.

C’est pour cela que tu dis que tu n’es pas vraiment chanteur ?

Je suis avant tout un animal humain (ah ah) doué de paroles et aimant la musique. Ma vie textuelle est satisfaisante. Des mots jaillissent de mon corps à un rythme soutenu. En fait, j’ai des soleils plein la tête mais ma vie est un désert parce que je suis tout seul à les voir, j’entends les oiseaux péter tellement c’est calme. Alors, j’ai envie de faire partager ce petit coin de paradis.

Alors chanteur ou pas chanteur ?

Je n’arrive pas à m’autoproclamer chanteur. J’écris des textes, j’ai envie de les dire. Et comme mes textes n’ont pas beaucoup de mots, je préfère les chanter. Chanter, c’est comme parler mais en plus lent. A part le rap. J’aime le rap pour plusieurs raisons. Le texte a souvent un message à faire passer. Les musiques sont accrocheuses. Les voix sont bien mises en valeur mais ça va trop vite pour moi et il y a trop souvent les mêmes émotions, en gros, la rage et l’autosatisfaction. Mais, bon, tu ne dis pas à un rappeur qu’il est chanteur. Il est rappeur.

Tu te définirais comme rappeur ?

Je ne peux pas dire cela même si j’ai fait au siècle dernier une chanson qui s’appelle «Parfois Honte d’être humain » et que Laurent, le musico qui m’accompagnait à l’époque au synthé, m’avait dit que c’était la seule chanson que sa fille aimait car elle sonnait rap. Je n’ai pas le flot verbal qu’on les bons rappeurs. J’ai essayé, c’est comme l’anglais, j’aimerai savoir sans effort. Je vais à ma vitesse sur mon chemin. Je ne vois pas d’étiquette qui me plaise. Ni de code-barres. Je suis un ACI debout.

ACI ?

Auteur compositeur interprète. Auteur, ça donne du recul. Compositeur, ça fait compost. Mes mélodies éclosent sur le fumier de ma mémoire musicale, Bach, Dylan, Brassens, les vieilles chansons françaises. Dès qu’une pousse émerge, je la fais grandir en la posant sur une grille d’accord déjà toute faite, ce genre de grilles magiques sur lesquelles reposent des milliers de titres. Et interprète, ça me donne un côté généreux, je prête ma chanson à qui veut. Et j’attends d’entendre avec joie ceux qui voudront bien la chanter.

Et debout ?

Je suis comme la banane, je suis deux bouts.

Es-tu comique ?

Si je n’avais pas peur d’être pris pour un horrible raciste, je dirai que je me plais dans l’humour noir. J’aime aussi l’absurde idée que les mots résistent à la mort. Quand j’ai lu avec passion et amour Kafka, Lewis Carroll, Cervantès, Rabelais, Lucrèce, Platon, Fernando Pessoa, Lautréamont, Philip K. Dick, Donatien Sade, Jean Ray, Stanislas Lem, Borges, Italo Calvino, Dino Buzatti, Lovecraft, Edgar Allan Poe, Jules Verne, Julio Cortazar, Becket, Bradbury, Goscinny, Gotlib, j’ai conversé avec des morts. Je me vois assez créatif et surtout récréatif. J’aime l’esprit léger de Courteline ou de Marcel Aymé. Je suis un peu trop mou pour être comique. Mais j’ai l’esprit vif. On me dit que j’ai de l’humour. Je suis prof dans la vie réelle, prof d’étudiants niveau master 1 ou 2, attention, et mes traits d’humour, mes jeux de mots, mes blagues, mes mimes parfois, passent bien. J’improvise beaucoup et j’arrive à me surprendre, ce qui est toujours agréable.

Es-tu bon public ?

Non, je suis mon public, un public fidèle qui squatte en permanence ma cervelle de moineau. Si je ne m’aime pas, qui donc m’aimera ? Par contre, je n’aime pas les comiques chauffeurs de salle. « Ça va ? J’entends rien ! Faîtes du bruit et toi, au premier rang, sors tes doigts du cul de ta copine !ah ah ! On n’est là pour se marrer et on va se marrer ! Si vous vous marrez pas, moi, je vous casse la gueule à la sortie. J’ai les noms de tout le monde ici. Et vous êtes filmé !  Le grand comique Jacques Chirac a dit : ouvrez les guillemets il faut prendre une salle comme on prend une femme fermez guillemette alors là ça va pas être gagné, ça risque d’être long, bon je commence par lécher qui ? Non, pas toi, t’as les doigts plein de merde ! Le père Chirac, je sais pas comment il baisait mais ça devait être un rapide, 5 minutes douche comprise, là, vous êtes 2 000 à raison de 10 mn de lèche par spectateur, 20 000 mn, 34 heures environ, bon… » Voilà ce que j’aimerai faire sur scène. C’est du lourd comme tu peux voir. Mais j’aime l’amour, l’amour de soi, l’amour des mots, l’amour de son corps, l’amour du regard des autres. C’est horrible de voir dans les transports en commun ou dans les magasins comment si peu de gens font attention aux autres. S’aimer ne veut pas dire ignorer l’autre. Au contraire. S’aimer, c’est le bon début pour aimer les autres.

Comment te définis-tu ?

Je suis à cheval sur l’équité de l’écoute. Comme je dis : « pas d’équité ? Faut les quitter ! ». Je suis le chainon marquant entre le prince Hip de Réalité et l’art de tenir en équilibre instable. Pour paraphraser Béatrice Dalle, je suis bon parce que j’y crois. Plus j’y mets mon âme, meilleur je serai. Mon problème est que je suis protéiforme. Je ne me sens pas spécialement légitime en tant que chanteur car j’ai eu très peu de reconnaissance durant mes multiples petites prestations. Quelques personnes que je connaissais sont venues me voir mais cela a souvent créé une gêne ensuite. Il n’est pas facile de dire à quelqu’un : « écoute, ce que tu fais est nul à chier ». Il n’est peut-être pas plus facile de dire : « bon, c’est pas mon genre, j’ai aucune opinion sur ce que tu fais » ni même « ouais, y a des choses que j’ai aimé mais je sais pas quoi dire ». Les gens ne disent rien et j’imagine le pire scénario. Je ne peux pas leur en vouloir, je fais pareil avec les gens que je vais écouter.

Pourquoi écrire des chansons ?

CEUPDBQ ! (c’est une putain de bonne question). Mes chansons, c’est ma façon de discuter avec les autres. Je n’arrive pas à dire ce que je pense quand je me trouve entre collègues ou en famille. Je pense être un brin autiste. Jeune, mon père captait 90% du temps de repas disponible. Et père de famille à mon tour, c’est mon fils ainé qui fait de même. Et quand je me retrouve seul avec ma chère et tendre compagne, le partage de parole est plus équilibré mais je n’arrive pas vraiment à aller au fond de ma pensée. J’ai toujours détesté les discussions parce que je n’arrivais pas à m’insérer ou à m’intéresser. Mes chansons servent aussi de bande son à ma vie. Je m’écoute quand je marche, quand je conduis, quand je me couche. Elles ont le pouvoir de me faire dormir. J’ai utilisé ce pouvoir avec mes enfants, surtout l’ainé, et maintenant, avec le fils de mon ainé.

De quoi parlent tes chansons ?

Mes premières chansons parlaient surtout d’amour. Chanson pour séduire, chanson chagrin. Elles parlaient aussi de ma façon craintive de ressentir la ville, le monde des adultes. En fait, une chanson, c’est pour moi le résultat de la résolution d’un problème. Que ce soit le départ de l’être aimé, l’impression de vivre dans une société fermée, le ressenti face aux comportements des gens de la rue, les vertus de l’insouciance, mes chansons sont des commandes internes : « Tiens, tu pourrais pas me faire un truc sur l’athéisme et le fanatisme ? ». « Tu sais quoi, je trouve que notre monde devient trop chiffré j’ai pas dit givré mais presque, givré de chiffres. Fais-moi un truc là-dessus. Ah j’oubliais, s’il te plait ! » Et moi, bonne poire, je fais ce que je me dis.

Tes textes sont maintenant plus engagés ?

Je n’écris plus sur le chagrin d’amour mais j’écris plus largement sur l’amour. Ou sur la mort, sur la différence, sur l’intolérable tolérance que certains ont à propos des intolérants de tout bord. J’aime la connaissance, je cherche à apprendre tous les jours. Mais je veux garder ma lucidité, mon esprit critique, ma liberté de penser. J’entends à la radio quelqu’un dire : « la violence diminue avec la connaissance » et j’entends déjà l’autre au fond de moi qui rajoute « en général ! » et voilà un bon lièvre levé, une sentence intéressante mais un gros poil réductrice et je mets le petit rajout qui vient relever le sens du ragoût. Mes textes viennent de ce que la vie me donne, de ce que je lis dans la presse ou sur les forums de discussion, de ce que mon cerveau produit, du pet de cerveau en sorte, du prout de méninges, du caca de neurones, tout cela, je l’écris sur du papier verso venant de documents inutilisés ou je le parle dans mon fidèle dictaphone. Puis je classe cela par thème et ça finit par faire une matière chantable. La vie me donne et je redonne à l’avis de tous ceux qui veulent bien me le donner, leur avis, afin de garder l’envie de rester en vie. Une histoire de part-âge, d’apport mutuel, sans souci de rentabilité, efficacité, sans volonté de juger ou d’être jugé. Ouf !

Tu travailles avec d’autres musiciens ?

Je respecte trop les musiciens pour briguer ce titre. Personne ne va s’autoproclamer chirurgien ou avocat mais il te suffit d’avoir un instrument pour se prétendre musicien. J’ai toujours été attiré par la musique et par les instruments de musique. Je connais quelques bases et je peux m’accompagner, cela me suffit, mais je ne suis pas un musicien, je suis un laborieux, un vrai bourrin. C’est pour ça que je préfère travailler seul. Les rares fois où j’ai travaillé avec d’autres ne m’ont pas vraiment satisfait. Je suis un exigent qui manque de confiance. Je n’arrive pas à imposer aux autres ce que je veux obtenir. Et j’ai parfois des idées bizarres. Mais je ne suis pas hostile au travail partagé. J’ai fait un peu de théâtre, j’ai tourné avec des ami(e)s et on proposait des spectacles de sketches et de chansons. C’est sympa de galérer à plusieurs, on a moins peur, on a moins froid mais au final, j’ai besoin d’une grande intimité avec moi, de me retrouver régulièrement.

Comment produis-tu ta musique ?

Mon credo actuel, c’est la prise directe avec voix et guitare en live. Je n’hésite pas à refaire la prise tant que je ne suis pas satisfait. L’avantage d’être seul. Je travaille ensuite la pâte sonore en enlevant les saturations, en ajoutant une pincée d’écho et parfois en modifiant le tempo (accéléré de 10% à 30%). Malgré cette relative simplicité, j’ai du mal à retrouver la fraicheur du premier jet quand  les paroles n’étaient pas encore bien lisses et que ce manque de régularité ajouté à mon tâtonnement mélodique crée une liberté de ton. C’est pour cela que je m’enregistre systématiquement et que je dois revenir souvent à la source.

Travailles-tu chez toi ?

Le plus souvent. C’est pour cela que je travaille avec un casque pour pas déranger les autres occupants. Du coup, je trouve que mes chansons sont surtout faites pour être écoutées au casque. Il leur faut cette intimité avec l’auditeur. Une intimité qu’on peut vivre dans la rue, dans le métro ou dans son lit et là, moi, m’écouter, ça m’endort alors pourquoi pas toi ?

Et concrètement, c’est quoi, ton matos ?

Mon home studio est un ensemble disparate d’éléments achetés au fil des ans :

  • Une guitare électro-acoustique, achetée il y a 10 ans
  • Un ampli guitare YAMAHA Hundred B212 100 W de bonne taille (avec deux HP et des roulettes vu son poids) acquis il y a plus de 20 ans et qui doit dater des années 70
  • Un enregistreur correct qui a bien 7 ans (format wav que je convertis en mp3)
  • Et le moins cher (gratuit !) mais la touche qui me manquait, un logiciel de retouche sonore.

Comment pourrais-tu décrire ton son ?

J’aime un son guitare-voix sans tambour ni trompette. Les basses sont assurées par l’amortis amplifié des cordes de guitare, mon petit truc perso. Je me souviens d’un disque de David Allen dont l’argument était : « le seul disque de rock sans batterie ». C’était il y a 40 ans. Je ne sais pas s’il y en a eu d’autres après lui à tenter cela. Mais pour moi, l’élément central, c’est la voix. Depuis mes vingt ans, je m’enregistre, je m’écoute, je sélectionne… Une fois, au tout début, je m’étais dit : « voilà, c’est ce style que j’aime, cette voix, ce phrasé, ce grain ». Mais en m’éparpillant, je me suis perdu d’oreille. J’avais beaucoup de mal à bien placer ma voix. Et puis la vie est passée à d’autres activités, la famille, le travail pour faire vivre la famille. Manque de temps par manque d’argent, manque d’espace par manque d’argent. Je reviens depuis quelques années à cette recherche de ma voix. Avec l’âge, j’ai perdu en hauteur mais gagné en stabilité. Et puis, je travaille avec mon piano électronique pour repérer les hauteurs de notes qui me sont les plus naturelles.

Parlons maintenant de ton site. Tu le décris comme le site idéal du Chanteur Cheval, ça veut dire quoi ?

C’est une référence au Palais Idéal du Facteur Cheval. C’est un lieu de partage et d’échange, un lieu qui me permet de montrer à qui veut ce que je fais, chansons, textes, photos, contes parlés, histoires courtes. Comme le Palais Idéal, je veux qu’il soit chargé de pleins de petits détails. Je veux tout mettre. J’ai trop souffert de ces scènes ouvertes où on a droit à 5 minutes maximum, de ces concours où il ne faut pas dépasser 8 pages. J’attends aussi que mes visiteurs me laissent des avis, des commentaires, des appréciations et aussi des contributions. Je veux que l’échange nous change, toi et moi. Je veux donc qu’il soit bien plein dès le départ et qu’il continue à se remplir doucement ensuite avec un côté blog, humeur du moment ou idée saugrenue comme une petite vidéo de quelques minutes où je te regarde simplement dans le blanc des yeux, sans rien dire, en symbole de liberté. C’est vrai aussi que c’est pour moi une façon de laisser une trace.

Internet te permettra peut-être de réaliser ce rêve étrange pour un chanteur d’être seulement connu après sa mort ?

Mouais, tu sais donner la pêche aux gens, toi. Pour vivre, la chair a besoin de chair, le cœur de cœur, l’esprit d’esprit et l’âme d’âme. Le ventre se suffit de mets mais notre « nous » a besoin de mots, des mots dits avec cœur et âme et beaucoup d’esprit. Je veux que ce site soit comme un vitrail, le vitrail de mes entrailles. Je peux comme chacun paraître bien gris et terne de l’extérieur, comme la façade des églises. Mais quand tu rentres dedans, tu vois alors toute la beauté des vitraux. Si tu rentres dans mon site, tu verras que ta propre lumière intérieure qui le traverse va le transformer en une mosaïque brillante. Voilà, c’est mon souhait.

Quel est ton public ?

Dans un premier temps, je dirai les plus de 50 ans. Plus d’un français sur 3, quand même. Bon, ceux qui sont nés avant 1945 me semblent venir d’une autre planète. Je pense donc aux  50-70 ans, ce qui fait quand même près de 14 millions de gens à partager ma culture, mon histoire, la guerre d’Algérie, le début de la télévision, le choc des années 68 en tant qu’adolescent, l’arrivée de l’informatique puis du minitel. Plus de 90% de ceux qui sont nés dans les années 50 sont encore en vie. Mais le problème est qu’il est difficile à partir d’un certain âge d’accepter la nouveauté. La musique qui nous marque est celle de notre jeunesse. Dans les films, les scénaristes mettent du « chérie, c’est notre chanson, tu entends ? ». La chanson sur laquelle les couples se sont formés, unis, pour la vie. En vrai, c’est plus complexe mais regarde parmi tes proches ou même pour toi ce que tu aimes écouter encore maintenant. Combien sont des groupes ou des artistes liées à tes premiers concerts, tes premières sorties, tes premiers émois ? La musique est tellement plus importante pour un jeune que pour un vieux. Et on a du mal à évoluer dans ses goûts. Raisonner sur l’âge n’est donc pas vraiment pertinent pour tout ce que je fais. L’autre angle d’attaque est l’attrait pour de la chanson en français et à texte. Dit comme cela, ça ne fait pas envie mais pourtant, le rap rentre dans cette catégorie. Cela donne une dimension internationale. Je souhaite toucher tous les francophones, en Belgique, en Suisse, au Québec, en Louisiane, en Afrique et aussi au Japon ou en Mongolie.

Comment comptes-tu faire ta promotion ?

C’est avant tout la promotion du site. J’ai l’idée de me balader avec des petits flyers portant l’adresse du site, un petit baratin pour expliquer et de le distribuer aux gens qui me paraissent des auditeurs-lecteurs potentiels. Je pourrai mettre « le site-blog idéal du Chanteur Cheval ». Je prendrai en photo des gens dans la rue qui bien sûr acceptent en leur posant des questions sur la chanson, ce qu’ils aiment et n’aiment pas. Et bien sûr je leur donne le flyer pour qu’ils aillent se faire voir. Je demanderai d’abord à des proches de jouer les testeurs du site, de pas juger la qualité de fond mais de seulement commenter la forme. J’espère créer une chaine d’intérêt. J’enverrai le lien à quelques contacts en demandant de faire partager à des contacts à eux. Je mettrai mon lien dans des forums de discussion. Bien sûr, je créerai une page Facebook, un compte twitter. J’irai sur les sites pour séniors, les plateformes culturelles parisiennes. Et je jouerai le réseau du Centre de la Chanson. Je parlerai de « accouchement artistique participatif », ne demandant pas d’argent mais des avis sur tel ou tel titre, tel ou tel conte, sur le style musical, sur la qualité du son. Je demanderai à jouer avec mes titres, les interpréter aussi à leur manière ou trouver un accompagnement. Je compte aussi avoir un T-shirt avec mon logo LCC. Quand j’en aurai un, de logo.

Es-tu prétentieux ?

Tu parles de « prés tension » ? Oui, j’ai une certaine appréhension de m’exposer ainsi sans pouvoir vraiment contrôler une fois que le site est lancé. Il y a aussi de la « prêt tension ». Je me prête au jeu de la transparence. Ce site, c’est comme les dames d’Amsterdam que j’avais vu avec ma mie, il y a plus de 30 ans. Assisses dans leurs fauteuils, tranquilles, en petite tenue mais sans tralala, avec juste ce petit détail : elles attendent le client dans une vitrine bien éclairée de rouge, protégées du vent et de la pluie mais offertes à la vue de tous. Je veux m’offrir à la vue, à l’oreille, au cœur de tous et de toutes. Et c’est sûr que cela m’excite et que j’existe de m’exciter de me voir moi-même offert à chacun. Photos, musique, éclats de voix, éclats de moi, tout cela mis à disposition. Mais je trouve cela moins prétentieux que de venir sur une scène et de prendre en otage le public pour les minutes qui suivent.

Qu’est-ce que tu penses de la scène ?

Pour moi, passer sur scène fut un parcours du combattant. Je n’ai rien d’une grande gueule. Il m’a fallu passer par des chemins de traverse qui n’étaient pas des raccourcis. J’ai fait 4 ans de théâtre à raison de 2 soirs par semaine minimum plus les répétitions avant de proposer un vrai faux concert au sein de l’atelier théâtral. Après ces nombreuses années de galérien des petits lieux en tout genre, je reste partagé sur mon envie de scène. Les points négatifs sont vraiment nombreux. Il y a la perte multiple de temps pour le choix du lieu, le démarchage, les répétitions, le transport, l’attente sur le lieu même. Il y a aussi l’obligation d’apprendre par cœur ses textes et l’angoisse sourde du trou de mémoire. Il y a encore la torture psychologique de voir d’autres personnes passées, avec toujours le ticket perdant. Si la personne est nulle, c’est insupportable d’ennui et si la personne est bonne, c’est insupportable d’envie. Et il y a enfin l’épouvantable sensation d’écrasement moral quand sa prestation n’a pas été convaincante et que le public reste froid voire hostile.

Il y a quand même des points positifs ?

L’argent en est un mais dans mon cas, très rarement rémunérateur et ne couvrant pas les frais engagés.

Rien d’autre ?

Quand tu fais une bonne prestation, ça peut devenir magique et te regonfler pour des mois.

Bon, imagine que tu es sur scène, personne ne te connait. Comment te présentes-tu ?

Un mec qui traine depuis longtemps dans le petit milieu de la chanson à textes m’a fait cette remarque : « il ne faut pas que tu te justifies. Tu fais ta chanson. C’est à nous auditeurs de juger. » Pas sûr d’avoir bien compris son conseil. C’est vrai que j’ai envie d’expliquer le pourquoi du comment de mes chansons mais je crois surtout qu’il évoque le fait que j’ai dû essayer de faire comprendre comment un mec de mon âge en est encore à faire des scènes ouvertes. Je suis débutant depuis 30 ans, miroir inversé de ceux qui font leurs adieux à la scène pendant 10 ans. Ça me choque alors je raconte que j’ai fait de la scène il y a longtemps mais j’ai abandonné pour m’occuper de mes quinze enfants mais que récement j’ai rencontré la fée Larnuca qui m’a lancé « le sort de chez toi pour rencontrer enfin ton public qui t’attend depuis longtemps ».

Est-ce que tu te considères comme vieux ?

Q²T !

Cul de Thé ?

Oui, Question Qui Tue. Tout âge est un avant âge, tant que ça continue. Et le grand avantage d’être vieux, c’est d’être tous les âges à la fois. On passe de la jeunesse à la maturité en un clin d’œil malicieux. Objectivement, pour 4 français sur 5, je suis vieux mais je peux rendre envieux encore 1 français sur 5 ! En ce qui me concerne, je ne me sens pas vieux. Mais il est vrai que je regarde les vieux avec un certain appétit. J’ai envie de savoir ce qu’ils pensent et j’aimerai bien discuter avec eux. J’ai peur cependant de devenir ce que je regarde. Comme « arabe » ne veut pas dire « musulman » et comme « blanc » ne veut pas dire « raciste » et comme « homme » ne veut pas dire « violeur », « vieux » ne veut pas dire « con ». C’est vrai que j’ai plus de contact avec le corps médical qu’avec celui de mon épouse… non, je blague, je dors avec ma femme, pas avec mon cardiologue. Et je dois apprendre à faire attention à tout. D’après mon endocrinologue, c’est criminologue pour moi de manger plus de 2 clémentines ! Quand je pense aux boites de 1 kilo de bonbons que je mangeais encore à 40 ans. Il faut tout réduire, le sucre, le sel, le gras, l’alcool, devenir un affamé et un frustré pour son propre bien. Merdre ! Je regarde avec une envie absolument non pédophilique les gamins de 10 ans. Leurs regards malicieux, leur énergie mal contrôlée, leurs jeux insouciants, leurs rires aigues, tout cela me permet de respirer le parfum de l’enthousiasme qui manque tant aux vieux. Beaucoup de vieux sont chiants mais beaucoup d’adultes, dès 26 ans, sont chiants.

Bon, soyons précis, quel âge as-tu ?

Ce qui n’a pas de chiffre est le plus important. Il faut beaucoup de temps pour devenir jeune. Celui qui a dit ça est un génie. Bon peintre classique à quinze ans, cubiste volontaire un peu plus tard, et c’est vrai qu’en avançant en âge, il s’est affranchi.

Je crois qu’il s’agit de Pablo Picasso

Oui, il s’agit bien de Pablo Picasso. Je dirai moi qu’il faut du temps pour être soi-même. Surtout devant les autres. Je connais ce moi depuis longtemps mais j’ai eu bien du mal à le montrer aux autres. Il faut que ce moi-même devienne « moi m’aime » sans pour autant devenir exclusif de soi.

Tu voulais être peintre quand tu étais jeune ?

Non. J’étais pas mauvais en dessin mais je préférais les crayons, le fusain ou l’encre de chine. Noir et blanc. Je voulais pas m’emmerder avec toutes les possibilités des couleurs. J’aimais faire des portraits ou dessiner des corps de femmes alongées, nues, de dos. J’ai toujours été attiré par l’esthétique fessière. Mais ça n’était qu’une occupation mineure. Au départ, je voulais être écrivain maudit. Certains ont envie d’être président ou footballeur. Moi, je voulais être une sorte de Lautréamont…

C’est qui ces deux-là, l’autre et Amont comme Marcel ?

Toi qui dis aimer Rimbaud, le poète rebelle adolescent incandescent, parce que tout le monde t’a dit qu’il fallait l’aimer, c’est sûr que tu ne connais pas Lautréamont et ses chants de Maldoror.

 ça fait Harry Potter, ton truc

Rien à voir, Lautréamont, c’est le poète maudit de la fin du XIXème siècle, sans aucun succès de son vivant et une gloire posthume assez discrète. Quand il est mort à 24 ans, Rimbaud avait 16 ans.

Un parfait inconnu, comme toi

Le talent n’est pas corrélé à la notoriété.

Ce qui ne veut pas dire que moins t’es connu, plus t’es génial

Je ne me posais pas ce genre de question. Je me contentais d’écrire, voulant recréer par les mots les temples d’amour qui peuplaient mes rêves. Je pense avoir toujours été visionnaire (je plaisante (mais je le pense un peu quand même (eh, y a quelqu’un, je voudrais sortir !))). Dans les années 70, mes rêves avaient pour décor de vertes prairies qui bien plus tard allaient servir de décor aux Télétubbies. Impatient de trouver à la Fnac un walkman, je m’en fabriquais un avec un magnétophone portatif à bandes et un gros casque hifi pour mes promenades vélocipédiques en forêt de Sologne. Mais j’oubliais complétement de déposer le brevet. Je suis paperassophobe.

Que penses-tu du transhumanisme ?

Question savoureuse quand on sait qui tu es. L’animal humain (ah ah !) a toujours cherché à s’améliorer en regardant ce qu’il y a autour de lui. Il a domestiqué le cheval pour courir plus vite plus longtemps. Il a inventé le bateau pour concurrencer les gros poissons et l’avion pour faire comme l’oiseau. Maintenant, il veut calculer plus vite que les ordinateurs, être plus rapide que les robots et plus forts que les machines. Et vivre plus longtemps que les immeubles ! Moi, j’ai cherché à m’améliorer par le théâtre, les stages de clown, la pratique du chant, l’apprentissage de la musique. Ce qui me fascine le plus, c’est le jeu du « je ». Vivre aussi longtemps et avec autant de fantaisie qu’une maison victorienne, non merci !

 

suite de l’entretien plus tard…

bourrin flirt avec toi

c’est fantastique, la vie
il y a toujours quelque chose à rendre conte,
comme notre rencontre,

arbres et banc
la rencontre de deux arbres

alors que nous étions déjà si proches l’un de l’autre,
si prés mais pas prêts
et puis, il a suffi d’un souffle pour que nos branches se touchent et que l’on commence à s’effeuiller doucement

 

 

je t’aime tant que
je te vois en toute choseRER, Nation
surtout quand elle est rose
cela est fantasque
mais c’est l’ordre du monde
que de te vouloir ronde

Nation, quai du RER A,
partons aux Champs

fanatique de toi

 

 

abeille amour éperdu
te butiner à en perdre le temps

indifférent à la différence
de l’argent et des gens
l’écho de mon égo
dans le vide de la ville
questionne aphone
l’innommable nomade
qui roule trouble
sans essieu dans les cieux

slam-vie

 

 

proie niche seins
yeux perçants front fuyant mais bec puissant,

tu aimais regarder la Vie des Animaux de Frédéric Rossif
voir les bêtes naître, chasser, faire l’amour
mais qui aurait pu croire que tu sois zoophile ?

 

princesse de sexe et d’âme

 

 

génie bastille amour chaîne vole
les ailes de l’amour de ta aine brisant les chaînes de ta haine de la mort

quand ma peau touche ta peau
il y a de l’électricité dans l’aine
et quand une aine devient amour
c’est le plus beau des poèmes

La Peau Aime

le chanteur poulain

 

Oui, c’est bien ici le récit du début de ma si trépidante vie d’apprenti chanteuraccès réservé au personnel

au-delà de cette limite, je ne parlerai qu’en présence de mon existence

c’est très personnel
moi, c’est ça qui me plait chez les autres
alors, si toi, t’es comme moi, tu seras pas trop déstabilisé vu qu’on a les mêmes goûts

en cliquant sur le chanteur poulain, tu n’auras que ce que tu mérites, un fichier pdf

le-chanteur-poulain

le cheval d’un trait de plume se veut sans tort

 à quoi servent les images

loupe yeux
ne rien louper

y a plus de tabous y a que des silences
le costume brouillé en pleine errance
dans l’apparence
sur le fronton des jours il y a gravé
« prendre parti c’est s’affaiblir
autant vouloir voler le vent »
l’enfant perdu au fond d’un océan d’amour
avec dans ses mains le sable de la vie
a tué le temps hier
et nous et nos maux anonymes
hymnes anodins ânonnant
« aime moi »
à quoi servent les images
si dans nos yeux y a plus de cœur

arrêt image
arrêtez les images avant qu’elles vous enferment

en échange de ta vie on te donne
des bouts d’souffrance cristallisée
couleur gris argent
et tu voyages tout retourné
propriétaire de ta seule douleur
fou d’être sans histoire
tu es pourtant riche en milliards de secondes
mais tu as perdu la clé qui ouvrait
les coffres-forts du Temps
et tu persistes à vivre dans la marge
du Grand livre Blanc d’or et de poussières
l’inconnu qui t’attire
à quoi servent les images
si dans nos yeux y a plus de cœur

terre et soleil
être terre pour soi et soleil pour les autres

tu vois ces gens qui tournent sur eux-mêmes
ils ont le vertige comme principe
le vide pour destin
toi qui veux lancer au loin ton âme
pourquoi cours-tu sur ton dos
parles avec ton sexe
lis les mots qu’écrivent les feuilles des arbres
la danse arrêtée des fougères
dans un contre-jour d’été
si chaque homme était Terre pour soi
et Soleil pour les autres
les gens se mangent eux-mêmes

à quoi servent les images
si dans nos yeux y a plus de cœur

 

 

 

Juste un petit caillou au fond de ma chaussure

se sentir chocolat
se sentir chocolat

d’abord il y a celui qui tue parce qu’il se considère comme ayant le droit de le faire
et puis, il y a le cercle étroit de ceux et celles qui le protègent, le défendent parce qu’ils considèrent qu’il avait le droit de faire ce qu’il a fait
et puis et puis, il y a le cercle très large de tous ceux et toutes celles qui ne connaissent ni le tueur ni les amis du tueur mais qui au fond pas forcément profond d’eux-mêmes et d’elles-mêmes considèrent qu’il n’avait pas tort d’avoir fait ce qu’il a fait
parce que finalement, la victime, elle l’avait bien cherchée !
eh oui ! Le mouton a sauvagement précipité son cou sur le couteau de l’innocent aux mains pleines de sang
tous ces gens sont à la fois gonflants et troués

A ces jeunes filles violées                      par des hommes trop durs
et qui bien sûr vont dire                         qu’elles l’avaient bien cherché
A ces bloggeurs avides                           de la modernité
Ils avaient trop d’idées                            et on les a lynchés
aussi simple qu’enlever                           une pierre sur ton chemin
juste un mauvais cailloux                     au fond de ta chaussure
tous ceux qui ne font rien                      mais qui n’en pensent pas moins
violées ou massacrés                                ils l’avaient bien cherché
celui qui touche au feu                             c’est normal qu’on le brûle
comment oser manquer                          de respect au sacré
Tous ces gens-là ne sont                          que pierre sur ton chemin
juste un mauvais cailloux                      au fond de ta chaussure

les gens les gens    c’est gonflant c’est troué       Et ça fuit tout le temps
les gens les gens     faudrait les raccommoder   si souvent

tu n’es qu’une baudruche                         de phrases convenues
A force de certitudes                                  tu perds ta liberté
tes pensées sans idées                               sont des caricatures
tu ne fais que bêler                                       ils l’avaient bien cherché
tu ne m’empêch’ras pas                              d’aller sur mon chemin
malgré ce p’tit caillou                                 au fond de ma chaussure
je chante pour ceux-là                                qui l’ont si bien cherché
qu’ils se sont fait tués                                  ne pas les oublier !
je chante pour ne pas                                   tourné trop vite la page
garder intact la rage                                     de pas te ressembler
et je chanterai encore                                 le long de mon chemin
malgré ce p’tit caillou                                 au fond de ma chaussure

les gens les gens    c’est gonflant c’est troué       Et ça fuit tout le temps
les gens les gens     faudrait les raccommoder   si souvent

 

 

Data chant                          libérons nous des nombres, tous les jours !

le chiffre ment
la boule maboule du chiffre

Toujours se mesurer                                     au temps qui passe
tu cours tu compt’s combien                         de pas tu fais
tu mang’s en calculant                                  tes calories
tu dors tu rêv’s chacun                                  est minuté
tes évaluations                                              sont quadrillées
taux de satisfaction                                       taux d’intérêt
L’étau se resserr’ quand                                le chiffre ment
Ce qui n’a pas de chiffres                         est le plus important
Les data chient                                              Des hiérarchies
Libérons nous des nombres                 Libérons nous en  tous les jours

C’est le class’ment des cent                          les plus puissants
Plus t’es riche plus tu triches                        avec les chiffres
L’argent est un métal                                    qui rend morfal
Ils n’ont que des histoires                              de bourses qui foirent
Les belles histoires de cœur                         leur font horreur
Ce qui n’a pas de prix                                    ils le méprisent
Tout ce qui ne vaut rien                                 pour eux c’est rien
Ce qui n’a pas de chiffres                         est le plus important
Les data chient                                              Des hiérarchies
Libérons nous des nombres                 Libérons nous en  tous les jours

Dés que tu sais compter                                c’est la compète
à qui pète le plus haut                                   la récompense
dès que tu bouges ton cul                             on te calcule
tous ces chiffres ne sont                                que les barreaux
de la cellule Du Grand                                  Tableau Mondial
de toutes ces Données                                  gagnées sur toi
Regarde dans tes tripes                                s’il y a des chiffres
Ce qui n’a pas de chiffres                         est le plus important
Les data chient                                              Des hiérarchies
Libérons nous des nombres                 Libérons nous en  tous les jours

Hombre ! as-tu déjà vu l’ombre d’un nombre, hombre ? Ben non ?
Tu sais pourquoi les nombres n’ont pas d’ombre, hombre ?
Ben oui, tu le sais , les nombres sont des vampires qui sucent et boivent notre sens des réalités,
notre bon sens, ils le transforment en mauvais sang qui fait les bons chiffres d’audience  mais
Ce qui n’a pas de chiffres        est le plus important

 

 

Parfois Honte d’être Humain

honte humain robot demain
j’aimerai être toujours le même un gros robot de cent kilos

« pourquoi on le fait ?
– ben, parce qu’on peut le faire et puis si c’est pas nous…
– … ça sera les autres, je sais mais pourquoi on le fait ?
– ça va nous aider
– et jeter des millions de gens à la rue
– c’est pas sûr, il faut que les gens cherchent aussi
– cherchent quoi ?
– ce qui les distinguent des robots
– l’humour ?
– ouais, je vois pas de suite un robot faire du stand-up
– alors c’est ça, l’avenir, des millions d’humains qui font du stand-up devant des salles remplis de robots
– ben quoi, c’est pas mieux que de bosser dans un centre d’appels ? »

j’ai parfois honte d’être humain
les déguis’ments n’y changent rien
deux pieds deux mains un sexe ça me travaille
une bouch’ un nez et des oreilles
trou de derrière trou de devant
pipi caca ça n’est pas rigolo

j’ai faim j’ai froid j’ai chaud j’ai soif
j’entends le cri de mes cellules
tout’s elles se plaignent tout’s elles réclament
de l’eau de l’air du sodium potassium
des vitamines et des glucides
des protéines et des lipides

J’ai parfois honte papa j’ai parfois honte
j’ai parfois honte cousin d’être humain

mes os se cassent mes dents se brisent
mon sang s’écoule de la blessure
mes cheveux tombent mes yeux se creusent
ma peau durcit mon ventre est mou
je deviens sale et gris et vieux c’est moche
je perds la vue et la mémoire

j’ai mal j’ai peur je pleure je crie
c’est la douleur qui perce le cœur
change les humains en p’tits pantins
aux mains des assassins et de leurs chiens
la mort l’honneur il faut choisir
la vie au lieu de vérité yeah men

J’ai parfois honte papa j’ai parfois honte
j’ai parfois honte cousin d’être humain

j’aimerai être toujours le même
un gros robot de 100 kilos
tout en plastique à couleurs vives
avec dans la cervelle un logiciel
je deviendrai le roi du monde
je dirai aux humains « t’es rien! »

j’ai le regard cristaux liquides
et j’ai la voix samplerisé
j’ai dans mon cœur aluminium
des électrons qui tourbillonnent
et je n’ai pas besoin de croire en Dieu
car c’est vous qui croirez en moi

J’ai parfois honte papa j’ai parfois honte
j’ai parfois honte cousin d’être humain

jeune
du temps où je me prenais pour Pégase

j’aimerai être toujours le même
face au temps qui soufre face au vent qui souffle
mais je ne suis qu’un pauvre humain
alors je vous dis à demain
si le temps le veut bien

 

ci-dessous une version un zeste boxson

 

 

J’suis pas un fanitique athée

sens interdit
le fat coi au non de Dieu est du scepticisme septique

tu as le droit de croire ce que tu veux mais j’ai le droit de dire
qu’il y a des gens
qui ne me donnent pas le droit de dire
que j’ai le droit de dire
que je ne crois pas à ce à quoi ils croient…

Je suis à tes pieds    wawa              Je suis atter ré     wawa
Je suis à tes trousses    wawa       Mais j’suis pas un fanatique  athée !
J’ suis pas un athée   fanatique    Mais j’ai du mal   j’ai du mal
à croire tous ceux qui croient      j’ai du mal
à croire dans leur croyance          j’ai du mal
à croire dans leur                                sin         cé           ri             té

tu peux bien croire au                     Père Noel
moi je crois bien à la                         Mère Michèle
on a le droit de croire                      ce que l’on veut
pourquoi m’obliger à croire         ce que tu crois
déjà déjà que j’ai du mal                 à croire  en moi
alors quoi je vais croire en tes   fariboles
jette ton âme du haut de tes       fadaises
pourquoi  croire à tes                      sermons à sornettes
faire crédit à tes                                 calembredaines
prêter l’oreille à  tes                         vaines balivernes
ah  tes mensonges sont mes       cauchemars

déjà déjà que j’ai du mal                 à croire  en toi
en notre amour

faut être plongé dedans                 tout petit
pour croire t à ces remèdes         de bonne fable
toi t’ y crois car tes parents          t’ont dit d’y croire
t’as rencontré une fille un gars   qui y croit
et que l’amour, ça donne des ailes, ça crée des cages aussi
de sacrés cages                                   des cages sacrés
alors des cages dégage !                des cages mentales,   dégage !

pourquoi tu crois                            à  ce que tu crois ?
je connais la réponse                    je crois
ça fait du bien de croire              en quelqu’ chose
qui nous attend                                là-haut
ça fait du bien de croire               en quelqu’ chose
qui pense                                              à nous
ça fait du bien de croire               à de l’amour
parce qu’entre nous                       c’est pas   tout à fait ça
dans le métro dans la rue            on sent pas vraiment l’amour

mais tant qu’à croire                        en quelque chose
autant croire en toi qui croit en moi qui croit en nous
croire en nous pour croître ensemble  tu y crois, toi ?
notre amour est un arbre aux branches innombrables
et sur chacune nous sommes ensemble        enlacés

Je suis à tes pieds    wawa              Je suis atter ré     wawa
Je suis à tes trousses    wawa       Mais j’suis pas un fanatique  athée !

 

 

 

 

 

 

déjà poney, je file aux off

un bien fou

croix de moi croix de faire
croix en toi
même si tu passes pour un fou

« ce truc, ça m’a fait un bien fou ». J’aime tourner autour de ces expressions toutes faites qu’on emploie sans trop leur demander la permission. J’aime les poser sur ma table et les regarder de près. Quel est ce lien mystérieux entre du bien perçu et se sentir fou ? Un fou se sent-il forcément bien ? Heureux les simples d’esprit, dit-on.

Vivre sans la peur
D’un quelconque malheur
Faire l’amour aux heures
Sans rendez-vous

S’enivrer de rire
Et parler beaucoup
Avec humour
De tous ses tabous

ça fait bien fou !
et voir les méchants tomber dans la boue
ça fait bien fou !

Pas compter les coups
Dans le sombre but
Œil pour dent
Tout oublier

Pas être jaloux
De ceux qui ont tout
Car ils n’auront pas
Ceux qui sont pas jaloux

ça fait bien fou !
et voir les méchants tomber dans la boue
ça fait bien fou !

Regarder les mouches
Se faire l’amour
A la fin du jour
Quand l’air est si doux

Faire croire qu’on est fou
Hurler comme le loup
Qui est amoureux
Défie la Lune

ça fait bien fou !
et voir les méchants tomber dans la boue
ça fait bien fou !

la la la la
la la la la
la la la la
la la la la

ça fait bien fou !
et voir les méchants tomber dans la boue
ça fait bien fou !

Vivre heureux cachés
Avec un seul projet
Celui d’aimer voir
Pousser des bébés

Rien de sérieux
Tout comme un jeu
Le plus doux
Le rire d’ amour

ça fait bien fou !
et voir les méchants tomber dans la boue
ça fait bien fou !
Un bien fou

 

 

 Dieucéki  

oeil-aquarelle
la paréidolie est la source du merveilleux comme de l’odieux

évite ceux qui te parlent au nom de Dieu. Un seul être sur Terre en a le droit et c’est toi pour toi et moi pour moi. Si tu crois voir un œil, pas de souci
le client a toujours raison
si tu crois que cet œil te fixe et te juge, pesant tous tes actes passés et futurs (pour le présent, vu que t’es sur mon site, y a rien à redire)
fais gaffe à toi, tu risque une crise de foi
(tu te rends compte que la foi – féminine – n’a pas de « e » alors que le foie -masculin surtout cirrhosé de provence – en a un (de « e ») et qu’une fois prend un « s » alors qu’il n’y en a qu’une, c’est ce qu’on appelle le génie de la langue française)    

Dieu c’est qui
Dieu c’est fou
Dieu c’est nous

Qui c’est qui a été sur la Lune
C’est Dieu ou c’est l’Homme
Qui c’est qui a inventé Internet
C’est Dieu ou c’est l’homme

Quand à la Femme,
Dieu ne veut pas la voir
Donc il renie !
ironie de l’histoire

Qui c’est qui réchauffe le pôle nord
C’est Dieu ou c’est l’Homme
Qui c’est qui a créé Dieu ?
C’est Dieu ou c’est l’Homme

God is dog C’est notre meilleur ami
Un ami fidèle qui mourra quand on mourra
Mais qui peut aussi nous sauter à la gorge
Quand il a de méchants maîtres

God is drogue On a pas besoin de Dieu
On a besoin des autres
Combien de morts au nom de Dieu ?
Le paradis l’enfer c’est dans ta tête et dans ton cœur

Dieu c’est qui
Dieu c’est fou
Dieu c’est nous

T’es vraiment un gamin
A vouloir toujours compter sur les autres
Le Père Noël n’existe pas
Eh oui, on est seul entre nous, 6 milliards tout seuls
7 milliards 8 milliards 9 milliards 10 milliards
Où cela s’arrêtera-t-il sans Dieu ni maître ?

si, il y a des maîtres, des grands des petits
des qui nous en mettent jusqu’au cou
alors il  faut compter sur nous
car grande nouvelle, Dieu, c’est nous !

et oui Dieu a fait l’homme à son image
Et l’homme a fait Dieu à son image
Un Dieu macho et revanchard
Rétréci, concentré

Chanson  en hommage à tous les hommes et femmes
Et contre tous les dieux c’est qui
en hommage à Giordano BRUNO
Brûlé vif Le 17 Février 1600
Pour mettre en doute le dogme de la terre
Au Centre de l’univers
Car  siège social de Dieu c’est qui, de Dieu c’est quoi
Brûlé vif  à Rome Patrie des arts et de la civilisation
Brûlé vif  pour avoir l’esprit ouvert
Brûlé vif  pour être un homme, un esprit libre
Condamné par l’Inquisition
Pour oser dire que le monde est infini
qu’il y a un éparpillement d’astres dans l’univers
et qu’il n’a pas été créé par une entité

Galilée avait alors 36 ans
Et encore 42 ans à vivre
oui beaucoup d’humiliations à vivre
mais ça permet de respirer
et beaucoup d’abjurations à faire
mais c’est moins douloureux que les flammes

extrait du procès de Galilée :
Vous avez raison, le Soleil tourne autour de la Terre
et Dieu a fait le Monde en 6 jours,
depuis, il se repose sur nous pour le détruire,
non, j’ai rien dit, et pourtant elle tourne,
je veux parler de la caméra, le procès est filmé ?
fin de l’extrait du procès de Galilée

Jean-Paul II absous Galilée le 31 Octobre 1992
Galilée aurait eu alors 428 ans
S’il avait pu attendre
Et Bruno ? Lui, on l’a dissous,
Et dix sous, c’est pas cher, surtout pour de la chair brûlée !
merci qui, merci Dieu !
merci Dieu c’est qui

Dieu c’est qui
Dieu c’est fou
Dieu c’est nous

l’église n’est pas à l’heure d’été
elle n’est pas à l’heure d’hiver
elle est à l’heure du moyen-âge
et beaucoup parmi nous n’ont pas changé leur montre depuis des lustres
Que peut-on dire à quelqu’un qui dit parler au nom de Dieu ?
Qu’il a le bras long, plus long que l’horizon,
ce qui doit l’empêcher de tenir sa verge pour pisser et plus si affinités ?
Qu’il a peut-être abusé de champignons hallucinoïdes ?
On peut aussi lui dire
Que pas de chance parce que nous aussi on a eu Dieu ce matin au bout du fil
et que ces consignes sont pas les mêmes
mais pas du tout
Que pas de problèmes s’il veut rejoindre son Dieu au Ciel, il ne se gêne pas, pourquoi il se priverait rien qu’à cause de nous,
que oui, on peut se débrouiller sans lui,
alors qu’il y monte et qu’il n’oublie pas d’embrasser là-haut la cousine Jeanne !

Est-ce qu’il leur faut des chaînes
Pour qu’ils s’aiment ?
Tous ces interdits ne sont pas dans tes gènes
Ce qu’on t’impose ne sont que des chaînes
Pour bloquer ton esprit

Dieu c’est qui
Dieu c’est fou
Dieu c’est nous

La religion est une chose trop importante
pour la laisser aux mains des religieux
ils ne semblent pas savoir que Dieu, c’est nous, c’est toi, c’est moi
Et oui, Dieu, c’est nous !
C’est angoissant et exaltant,
c’est magique et tragique,
c’est affreux et joyeux
Dieu, c’est nous
Et ne laissez personne vous piquer votre dû
Dieu, c’est nous !

Mais tu es fou, Dieu est nécessaire, c’est la colle de la cohésion sociale,
c’est l’opium du peuple, c’est le mur peint de la rue grise,
c’est le lapin du magicien, c’est le rêve,
si les êtres humains ne croient plus en Dieu, c’est le chaos,
Dieu, c’est le garde-fou, c’est l’enclos, c’est le fil de fer barbelé,
c’est l’anxiolytique, c’est le gardien, c’est le père fouettard,
c’est celui qui nous guide, celui qui sait, qui nous dit où aller,
celui qui a tout prévu, celui qui a déjà tout écrit sur nous…

oh, calme-toi, moi, je ne vois que l’homme;
l’homme  l’animal le plus dangereux de tous les animaux,
plus puissant que l’éléphant, le lion, le crocodile, le requin
Attention cependant aux vraies puissances invisibles, les virus, les bactéries
Et l’homme détruit, il détruit sa famille, il détruit sa maison, il détruit sa planète
Au nom de Dieu ! Au nom de Dieu !, nom de Dieu !
Si l’homme croyait en lui et en l’autre, il ne ferait pas autant de mal
Faire le mal autour de soi et ensuite aller prier,
c’est être un bon croyant et un mauvais humain
Faire le mal et s’acheter des indulgences,
c’est être un faux-cul et un vrai con

Dieu c’est qui
Dieu c’est fou
Dieu c’est nous

Dieu c’est qui
Dieu c’est fou
Dieu c’est nous

 

 

 

 

tout au fond de nous                     p1100814afondpticourtbarbouilsombr

  • malgré de nombreux handicaps visibles et cachés, j’ai persévéré dans le désir de chanter
  • « Mais pourquoi donc ? », t’exclames-tu derrière ton écran, « tu aurais dû penser à tes proches, ta famille, tes voisins surtout qui n’en peuvent plus ? »
  • et bien si tu veux savoir, tu peux lire mon récit, le Chanteur Poulain, en ligne sur ce site….  et puis, surtout, à cause de ce cri au fond de moi. T’es content ? Je te hennis !

 

 

 

 

quand mort
quand je serai mort

quand je serai mort

la grande question en dehors de qui on invite à manger Dimanche prochain : qu’est-ce qu’on devient une fois que le cerveau se met en mode Arrêt ? La seule chose qu’on peut dire, c’est que si on laisse faire la nature, on se décompose plus ou moins vite suivant l’endroit où on se trouve. Cela vous donne un aspect peu joyeux mais n’oublions pas l’essentiel : les petites briques qui nous constituent gardent la forme, plus la notre, d’accord,  mais la leur,  oui toujours. Nous sommes faits d’atomes vieux de quelques milliards d’années et ayant poussés leurs premiers cris au sein du Soleil. Tu comprends maintenant pourquoi tu es si frileuse ?

 

 

 

 

Existence 119

amour haine
l’amour est tapi dans la haine

le refrain est de moi, waouh mais le couplet viendrait d’un manuscrit trouvé dans une église de Baltimore en 1692, c’est du moins ce que je croyais jusqu’à peu. Bon, l’auteur dit qu’il a voulu laisser un humble cadeau au monde avec ce si beau texte. Il a bien fait. C’est un bienfaiteur ! Et quand j’ai découvert ce texte il y a bien longtemps, je sais qu’il m’a réconforté plus d’une fois, avec juste ses petits mots à lui. Le 119, c’est le numéro d’urgence pour l’enfance maltraitée, l’enfance en danger.

 

 

 

 

heure et temps
il y a ceux qui ont toujours l’heure pressé et puis il y a ceux qui ont pris le temps

on est tous pareils
et tous différents
on vit chaque moment
comm’ un présent
de l’autr’ côté du temps
de l’autr’ côté du temps
Merci Christian pour m’avoir laissé chanter cette chanson sur ta tombe, toi le fumeux généreux, toi le maladroit magnifique

De l’autre côté du temps

 

 

 

 

j'ai vécu mon enfance aux portes du Sahara, marqué par les images de villages dans la neige à Noël
j’ai vécu mon enfance aux portes du Sahara, marqué par les images de villages dans la neige à Noël

Il y a des mots qu’on écrit pas
des mosaïques
y a des musiques indéfrichables
couleurs de vent
y a des chansons qui rest’nt en l’air
portées par le silence
du souvenir

Du Souvenir

 

 

 

mes possibles
si seulement on pouvait à la fois aller tout droit et tourner à droite

Où sont passés tous mes possibles
Toutes ces vies que j’ai rêvées
Toutes ces fenêtres entre baillées
Toutes ces portes entr’ouvertes
Où sont passés tous mes possibles ?

La réponse est à la fin de la chanson. Ouais.
Mais faut tout écouter.

Tu crois pas que je vais te mâcher le travail.

où sont passés tous nos possibles ?

 

 

 

pourquoi on est là ? qui nous a fait ? qui nous défait ?
d’où on vient ? où va-t-on, tonton?

questions pourquoi
les questions, c’est de l’oxygène

Pose toi les questions mais n’écoute pas les réponses
Derrière chacune, y a un vendeur d’âme
tueur d’esprit
Ils ont besoin de ta chair
Pas de ton imaginaire
Ils ont besoin de ton fric
Pas de ton esprit critique
Qui ça ? Les marchands de réponse
Alors casse les réponses
et libère les questions

Pourquoi « pourquoi » ?

 

 

 

chansons du cheval qui murmurait à l’oreille des humains

profil-b-posteriseOn est tous uniques

Mon profil me fait face,
lequel me rend grâce ?
celui qui grimace
ou celui plus pugnace
qui s’agace
et se croit sagace !
Qu’importe,  je suis unique
unique au monde
comme tout le monde

pour la peine, voilà deux versions, une fastueuse

et une calmante religieuse

J’ me crois l’meilleur suprabeau               le p’tit gars génial
Intelligent et gentil                                           Oui : comm’ tout l’monde (x3)
Mes rêv’s, mes dout’s, mes folies             Y a qu’moi qui aie ça
C’est pas facile d’être unique                     Oui : comm’ tout’ l’monde (x3)

Unique Unique ! Je suis unique !
Unique Unique ! Unique au monde !
Unique Unique    Oui comme tout l’monde
Uniques Uniques ! On est tous uniques !

File de gauche et file de droite                  Plus celle du milieu
J’suis pas seul sur la grand’route             la foule coule à flot (x3)
Filles à bouche et fils à barbe                     Plus ceux au milieu
Qu’importe ! on va dans l’même sens   Oui : un sens unique (x3).

Unique Unique ! Je suis unique !
Unique Unique ! Unique au monde !
Unique Unique    Oui comme tout l’monde
Uniques Uniques ! On est tous uniques !

Et c’est ça qui est fun                                    c’est ça qui est grave
On est tous convaincus                               d’être seul sur Terre (x3)
Et c’est ça qui est fou                                    c’est ça qui est dangereux
Penser que pour être heureux               il faut qu’on se nique ! (x3).

Unique Unique ! Je suis unique !
Unique Unique ! Unique au monde !
Unique Unique    Oui comme tout l’monde
Uniques Uniques ! On est tous uniques !

 

 

 

 

Parler parler parler…

p1100759aptibarbouil

quand je me suis dit que je voulais faire une chanson sur le fait de parler, j’ai cru à une blague de ma part et puis je me suis dis toujours à voix haute dans mon chez moi en solitaire que quand les robots nous auront pris tous nos boulots, il nous restera cette fameuse parole, ce blabla incessant entre  humains et qui est si mystérieux quand il se fait dans une langue inconnue mais qui au final doit être fait des mêmes banalités que celles que j’entends tous les jours dans le bus, dans le métro, dans la rue ou avec ce fichu téléphone qui me fait dire à moi-même que ce n’est plus le silence qui est d’or  mais bien la parole pour tous les opérateurs téléphoniques le truc c’est de savoir s’arrêter c’est comme quand je suis à vélo, c’est pourtant facile et bien tu ne vas pas me croire mais j’ai du mal à m’arrêter pour me mettre des gants ou des lunettes non je me dis que je le ferai quand il y aura un feu mais le probléme tu comprends c’est que quand il y a un feu, et bien, même s’il est rouge, je passe quand même en plus j’ai droit deux fois sur trois avec la nouvelle signalisation qu’ils ont eh tu m’écoutes ?

Parler  Parler Parler         Parler pour ne rien dire
des mots usés                      osés dans le passé
tout rouillés abîmés         par la bave et le souffle
Parler d’ailleurs, parler  d’hier  et de là-bas                                                      d’autres mondes                si seulement on
et de l’autre côté  que personne ne m’a jamais dit   en revenir

Mais cela n’est pas si grave,    tout est préférable au silence,                  parler est notre essence          Jamais se taire sur Terre

Parler Parler Parler                  Parler  à n’importe qui
de n’importe quoi                       aimer dire et médire                                     juste à son téléphone              à son chien à sa laisse
se laisser porter                          par le flot des paroles                                  rôles qu’on se donne et on    pardonne  au ciel aux hommes
on pardonne comme si   comme si   on en avait  le droit

Mais cela n’est pas si grave,    tout est préférable au silence,                  parler est notre essence          Jamais se taire sur Terre

Parler  Parler Parler                        Parler pour dire les mots
l’émotion où tout                               semble important                                          pourtant plus rien ne semble      vouloir se retenir
au mur du silence                               où viennent se briser                                    nos paroles de verre  transparentes parentes de l’air où l’on boit           la soupe de l’esprit    morceaux d’idées broyées    tout fin coupées

Mais cela n’est pas si grave,    tout est préférable au silence,                  parler est notre essence          Jamais se taire sur Terre

Parler  Parler Parler                         Par les temps qui courent                           à notre perte                                        parler au nom des morts                             les miens, les tiens                            qui parlera le plus fort ?                               qui dira les secrets  qui se créent par l’absence  la méfiance                      parler pour éviter de se tuer,       tu es si belle quand tu
parler, c’est faire   l’amour avec le vent
parler, c’est faire des bulles        qui pètent au nez des gens

Mais cela n’est pas si grave,    tout est préférable au silence,                  parler est notre essence          Jamais se taire sur Terre

Parler  Parler Parler                  Par les moustaches de mon grand-père
par les couilles                               de ma grand-mère                                         parler sans écouter                     parler pour rien entendre
parler à perdre haleine,             la haine devant l’amour                                  parler ne plus penser,                 parler pour s’étourdir
parler c’est faire caca                 avec la bouche
si on parle trop,                             la Terre va s’mettr’à puer

Mais cela n’est pas si grave,    tout est préférable au silence,                  parler est notre essence          Jamais se taire sur Terre

 

 

 

 

 Habiter son corps

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habiter son corps sans avoir besoin de décor

nous ne sommes pas seuls, notre corps est un immense univers rempli de vers, d’acariens acariâtres, de bactéries de toute catégorie sans compter nos organes qu’on connait si mal. Qui a vu son cul n’en est pas revenu ! On se comporte avec notre corps comme un patron d’usine qui n’irait jamais voir comment travaillent les ouvriers et les ouvrières. Rajoute à ça que quand tu nais, tu es assis sur un sacré trésor de temps, des milliards de secondes que tu dilapides sans faire gaffe comme le merdeux d’héritier que tu es

habiter son corps sans avoir besoin de décor
habiter son temps sans avoir besoin d’argent
tous ses crimes que l’on fait pour un peu de métal
alors qu’avec un bon mental il te suffit de rimes
pour jouir du moment que tu le dis
du moment que l’on t’entend le dire

se blottir dans chaque minute qui passe
se frotter à chaque seconde
sucer chaque instant comme on suce un glaçon citron
se vautrer dans les heures
se cacher dans les moindres replis du temps

savoir occuper son temps sans le tuer
se cacher dans ses moindres replis
et pouvoir dire enfin
moi, j’occupe mon temps, tout mon temps disponible
aucun temps mort qui pourrit ta vie et te met une odeur de vomi
dans tout ce que tu fais

habiter son corps sans avoir besoin de décor
habiter son temps sans avoir besoin d’argent
tous ses crimes que l’on fait pour un peu de métal
alors qu’avec un bon mental il te suffit de rimes
pour jouir du moment que tu le dis
du moment que l’on t’entend le dire

le temps c’est de la pluie, ça tombe
mais si tu ne le récupère pas, c’est d’autres qui en profitent
alors prends le temps, oui, prends tout ton temps
et garde le bien, fais en un bon usage
et surtout ne le disperse pas aux quatre temps
aux quatre temps
aux quatre temps
aux quatre temps

 

 

 

 

les heureux de la terre

bienvenue à qui vient
bienvenue à qui vient nu

avant, on croyait que le Paradis était à l’autre bout de la Terre
et puis des explorateurs en ont fait le tour, on s’est mis à survoler la boule couleur orange bleue donc on a bien vu que le Paradis n’était pas là et on s’est mis à chercher soit au-dessus, juste pile poil en haut, très haut, très très haut, soit au-dessous, mais pas trop parce qu’on risque d’arriver en Nouvelle-Zélande ou même dans la mer. Les benêts ! En fait, le Paradis est dans la tête, le sourire, le cœur sur la main de simples êtres humains, des êtres humains si simples qu’ils deviennent comme des remèdes car si être simple, c’est ne pas être compliqué, c’est quand même compliqué d’être simple

dans la ville magique d’un métro des heures creuses
tu te nourris de regards têtes si laides ou tellement belles
tu aimes les gens qui portent leur lumière sur le front
avec une insolente indolence
qui ont assez de croyance en eux-mêmes
pour ne pas haïr leur voisin

les heureux de la terre les heureux de la terre
ceux qui croient en un rien souverain et serein

dans la ville magique des fréquences marginales
tu te nourris de ces voix dévoilant d’autres voies
tu aimes les gens qui cherchent la lumière dans la nuit
qui te parlent de ces paralysés aveugles
qui n’ont pas peur de courir dans le noir
nous montrant le chemin qu’il faut prendre

les heureux de la terre les heureux de la terre
ceux qui croient en un rien souverain et serein

ah la la ah  la la
ah la la ah  la la
tu aimes les gens
tu aimes les gens
tu aimes les gens

les heureux de la terre les heureux de la terre
ceux qui croient en un rien souverain et serein

 

 

 

 

insouciance

la liberté fragile et magique
la liberté fragile et magique d’un ballon jaune dans un ciel bleu malgré quelques petits nuages

tu trouves pas que je suis plus détendu depuis mon accident cardiaque ? C’est comme si le pire était derrière moi…. et puis je me suis vu mourir dans l’ambulance, tu sais, les NDE. Oui, on dit que ceux qui ont connu la proximité de leur mort sont vraiment plus sereins. Je m’étais dit alors : « bah, c’est cool, c’est comme appuyer sur la touche reset ». Je suis pas sorti de mon corps mais je me suis parlé à moi-même. Oui, je sais, je fais ça tout le temps. D’accord, c’est gentil de me rappeler comme j’étais inquiet ensuite avant l’opération. Tu sais bien que j’aime pas qu’on me trifouille. Sauf toi, toi tu peux tout ce que tu…  oui, tu peux toujours penser que ce sont mes petites pilules contre l’hypertension qui me calment… ah m’abrutissent. Y a pas à dire, tu es vraiment idéale comme crash-test de mon niveau d’insouciance. Encore merci.

A toi qui penses
Que rien ne vaut l’adolescence
Aie la décence
De croire quand en âge ru avances
Plus peut-être immense
Ton insouciance                    Ton  insouciance

à toi que la démence
Du monde frappe en conscience
Ne laisse pas sa violence
Détruire ta tolérance
Et protège ton innocence
par l’insouciance                  Par l’insouciance

l’insouciance                                 Est une science
Même si la démence                Du monde est immense
Je plaide en conscience         Mon innocence
Mon insouciance…

On quitte l’enfance
Pour l’âge de l’insolence
et de la jouissance
Je vois ça avec la clémence
De celui qui a le sens
De l’insouciance                         De l’insouciance
(tu parles je suis le roi des paranos)

Je sais ma tendance
la dégénérescence
aucun suspense
rien qu’un big non-sens
j’attends l’ultime béance
Avec insouciance                         insouciance
(mais le plus tard possible)

l’insouciance                                 Est une science
Même si la démence                Du monde est immense
Je plaide en conscience         Mon innocence
Mon insouciance…

La vie est un sac
et il suffit de trouver la anse
pour partir avec
Cela ne m’empêche d’avoir la conscience
Du monde et de ses différences
Oui l’insouciance n’est pas de l’inconsistance

La vie est un sac
et il suffit de trouver la anse
pour partir avec
Avec

insouciance
Partir avec         insouciance
insouciance
Partir avec         insouciance

 

 

 

 

à jamais (la Mouche)

mouche au plafond
prendre la mouche t’est impossible car elle perçoit le monde 8 fois plus vite que toi

voilà un texte que j’ai écrit aux temps où je comptais des mouches dans un petit laboratoire de bord de Seine.
Je n’ai jamais eu le besoin de le retoucher, voilà pourquoi on y trouve une marque disparue.
Bien fait pour moi. J’ai horreur des chansons farcies à outrance de noms de lieux, marques, artistes.
Tout le contraire avec la musique que je n’ai pas arrêtée de modifier. Voici la dernière version en date,
J’aime son côté « trot tranquille ».

Comme une mouche dans un frigidaire
J’agite mes petites ailes
Et le froid vient déjà sur moi.

Comme un pudding sur une table blanche
Je sens partout que je dérange
Je veux partir, reste collé.

Comme de la fumée dans un labyrinthe
je me disperse à la folie
jamais plus je ne me reverrai

Et le temps s’en va de mon être
Dégouté avide d’à côté
A bientôt me disent-elles
Et j’entends      A JAMAIS.

Comme un militaire sapin de Noël
Qui tomberait de trente étages
Je ne peux plus croire au passé.

Comme un P.D.G. multinational
Qui serait payé juste au SMIC
Je vis ma vie surtout la nuit.

Comme un brin de Marie-Jeanne au chômage
Attendant ses allocations très sage
Je tourne en rond mais dans le bon sens

Et le temps s’en va de mon être
Dégouté avide d’à côté
A bientôt me disent-elles
Et j’entends      A JAMAIS.

Comme une seringue épileptique
Qui fait ses courses à Prisunic
Je ne trouve plus la sortie.

Comme un miroir grossissant et cynique
Dans une chambre abandonnée
J’attends le prochain cataclysme.

Comme un pont suspendu sans ambition
Devenu bègue par émotion
Je fais toujours le même cauchemar.

Et le temps s’en va de mon être
Dégouté avide d’à côté
A bientôt me disent-elles
Et j’entends      A JAMAIS.

 

 

 

 

contes à lire et à entendre

automne-05-8-copie
j’aime le soleil quand je m’en protège

je suis né dans un pays de sable et d’eau de mer
ça permet de construire des maisons qui  résistent mal aux fréquents séismes de ce pays
ce conte par exemple pour dire qu’on a besoin de son contraire pour être plus fort
mais tu y verras ce que tu veux, c’est pour ça que tu es là

le conte du pays de sable

 

 

 

 

ou-va-ton
tu connais la direction, faut maintenant trouver le sens

un panneau de direction sans rien indiqué dessus
c’est beau comme un silence à la radio

quoi ? on peut aussi éteindre sa radio ?
toi, t’es le genre à pas même prendre le temps de lire un petit conte de quelques pages
profites et tais-toi

le conte de la marchande de silences

 

 

la lune en plein jour ou juste un reflet ?

faut se méfier des apparences, cette photo, par exemple…
ce conte part d’un fait réel : au temps des incas, les sorciers faisaient parait-il lever le soleil
le pire, c’est que ça marchait !
Je me demande combien il y a de leveurs de soleil payés grassement à ne rien faire dans nos sociétés actuelles ?

 

le conte du leveur de soleil