ce hennissement songe aux manèges d’antan

affiches couloirs escaliers
j’aime les affiches en losange des couloirs en escalier du métropolitain

dans les couloirs
on trouve de tout
on fait sa vie
on perd l’espoir
dans les couloirs
on voit des portes
portes fermées
portes condamnées
et des fenêtres
sur fond de cour
dans les couloirs
dans les couloirs

 

 

et le jambon cria dans la baguett’
« avoir faim, c’est savoir qu’on a faim! »
Dick dit « Tranch’ ta tronch’! », le jambon répliqua:
« On a l’air con quand on a le soleil en face »

surpris, Dick déclara à la poubelle
privé de tout, je manque de rien
en démerdocratie, y’a qu’un slogan
Autant frapper la pluie il pleut toujours où c’est mouillé!

et Dick lança des chiottes TV à programmes laxatifs
pour prendre le monopole du papier-cul double épaisseur
avec l’argent gagné, il fabriqua des faits-divers
du genre « massacre du Désir au cim’tière du Plaisir »

dick et nick
sur les barreaux du ciel, y a écrit « Pas facil’ de bander dans les vêt’ments modernes »

Dick Tioner et Nick Talope
sont 2 héros positifs

et moi je pleure pour les idiots en posant pour le Photographe Aveugle!

et Nick ne croyait pas en Dieu et Lui non plus d’ailleurs…

… je te laisse écouter la suite de cette dérive textuelle

Dick Tioner et Nick Talope en balade

 

 

 

monde à toi
le monde est à toi pour toute une journée

imagine p’tit père          un jour tu te lèves
et sur ta moquette       y a un télégramme
aujourd’hui coco            le monde est à toi
fais-en c’que tu veux    pour toute une journée

t’as pas l’air d’pigé              tu sais pas p’tit père
on y passe tous                    à c’te putain d’jeu
c’est d’ailleurs pour ça     qu’l’monde va si mal
et qu’y a plus d’moral       dans le cœur des gens

le Télégramme

 

 

spirale égautiste
les rich’s marchands du Temps ont voté la loi qui dit « Tous les égos sont pas égaux! »

moi j’perds mes mains dans l’ simulacre mais c’est pas grav’ j’prendrai les tiennes
je veux être quelqu’un quelqu’un de bien et c’est pourquoi j’suis plus moi-même
c’est pas que beau la Parodie Terrestre!

Y a pas de refrain dans la vie
y a pas y a pas y a pas
mais fais gaffe à Kafka

Fais gaffe à Kafka

 

 

 

je marche dans la rue -immobile-
la foule est là pressée et -immobile-
le vent caresse les filles -immobile-

et je te cherche et je m’essouffle -immobile-
et moi je cours où tu n’es pas -immobile-immobile-

la rue de l’autr’ côté et la voitur’ qui fonce -immobile-
deux hommes se batt’nt les mains nouées de haine
-immobile-immobile-

je monte un escalier -immobile-
un coupl’ fait l’amour -immobile-
un pigeon plonge dans le ciel -immobile-

pigeon immobile
tu sembles clouer au ciel, mon bel oiseau

-immobile-immobile-

 

 

gens qui marchent
pas de côté
et suivre son ombre

tous les gens qui marchent dans la rue
avec le même tempo la même allure
ont le même air au rythme d’enfer
on dirait des guerriers pathétiques
1 2 3 Droit devant!
10 20 100 sans dévier!
on dirait des mercenaires tragiques
il y a de tout des jeunes des vieux des jaunes des bleus des éclopés qui suiv’nt le rythme comm’ tous les autres
et ça leur donne le swing en plus

quand même quand même certains remontent le courant
sans se presser
quand même quand même certains font un pas de côté
pour regarder

Les gens qui marchent

 

 

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